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enfants écrans: la méthode 3-6-9-12

Télévision, tablette, smartphone, console, YouTube… Les écrans font partie du quotidien des enfants. Alors, quand les introduire, combien de temps les utiliser et surtout comment les accompagner ?

La méthode 3-6-9-12, créée en 2008 par le psychiatre Serge Tisseron, propose une boussole simple pour accompagner progressivement les enfants dans leur découverte du numérique. Son principe est simple : les besoins d’un enfant de 3 ans ne sont pas ceux d’un adolescent. Les règles doivent donc évoluer avec l’âge.

L’objectif n’est pas seulement de compter les minutes, mais aussi d’apprendre à utiliser les écrans, à comprendre leurs mécanismes et progressivement à savoir s’en passer.

Avant 3 ans : zéro écran

Avant 3 ans, le cerveau et les premières compétences sociales se construisent grâce aux interactions avec le monde réel : parler, toucher, manipuler, marcher, jouer, observer et écouter.

La méthode 3-6-9-12 recommande donc de ne pas exposer régulièrement l’enfant aux écrans, y compris dans une pièce où la télévision fonctionne en arrière-plan. Les écrans ne doivent pas remplacer les jeux, les histoires, les comptines ou les interactions avec les parents.

Le repère est simple : 0 écran avant 3 ans.

Une utilisation ponctuelle peut toutefois exister, par exemple quelques minutes en visio pour appeler les grands-parents, toujours accompagné d’un adulte. L’essentiel est d’éviter que l’écran devienne une activité habituelle.

Avant 3 ans : jouons, parlons, bougeons… et laissons l’écran de côté.

De 3 à 6 ans : limitons, partageons, parlons

Entre 3 et 6 ans, l’enfant développe progressivement son autonomie et sa capacité à gérer ses envies. C’est le moment de lui apprendre que le plaisir d’un écran a aussi une fin.

La méthode 3-6-9-12 fixe un repère progressif : environ 30 minutes par jour à 3 ans, jusqu’à 1 heure maximum à 6 ans.

Mais la durée n’est pas le seul critère. L’écran doit rester dans une pièce commune, plutôt que dans la chambre. On évite également les écrans à table, avant le sommeil ou pour calmer systématiquement une colère.

Et surtout, partageons les écrans ! Regarder un dessin animé ensemble permet de discuter, poser des questions et mettre des mots sur les émotions.

De 3 à 6 ans : 30 min → 1 h maximum par jour, accompagné et partagé..

De 6 à 9 ans : créons avec les écrans

À partir de 6 ans, l’enfant gagne en autonomie et commence à comprendre les règles de la vie sociale.

La méthode 3-6-9-12 insiste alors sur l’apprentissage de règles claires concernant le temps d’écran. L’objectif est de préserver les autres activités essentielles : sommeil, école, sport, jeux, repas et vie familiale.

C’est aussi l’âge idéal pour passer de la consommation à la création : prendre des photos, réaliser une vidéo, dessiner, programmer ou créer une animation.

On commence également à expliquer Internet : tout ce qui s’y trouve n’est pas forcément vrai et ce que l’on publie peut circuler.

De 6 à 9 ans : environ 1 h maximum par jour comme repère, et surtout apprendre à créer et comprendre.
La méthode 3-6-9-12 est une boussole pas une prison. Elle rappelle une chose essentielle : le temps d’écran compte, mais ce qu’il remplace compte tout autant.
Alexis Basset-Chercot, CEO VIVIPOKE

De 9 à 12 ans : apprendre à se protéger

Entre 9 et 12 ans, l’enfant devient progressivement plus autonome sur Internet. Il peut naviguer seul, mais cette liberté doit être accompagnée.

La priorité devient la protection : vie privée, droit à l’image, informations personnelles, cyberharcèlement, contenus inappropriés et fiabilité des informations.

Le site 3-6-9-12+ propose notamment d’aider l’enfant à prendre conscience de son temps d’écran grâce à un carnet du temps d’écran.

Il faut aussi lui apprendre quelques règles essentielles : ne pas communiquer ses informations personnelles à n’importe qui, réfléchir avant de publier et savoir demander de l’aide face à une situation inquiétante.

De 9 à 12 ans : autour d’1h30 maximum de temps récréatif comme repère, avec davantage d’autonomie et de responsabilité. Le rôle des parents évolue donc : moins surveiller chaque minute, davantage dialoguer et fixer ensemble des règles.