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Ados & écrans: 12–25 ans

Entre 12 et 25 ans, le cerveau continue de se construire. Il passe progressivement d’environ 90 % à près de 100 % de sa maturation, avec notamment la poursuite du développement du cortex préfrontal. Cette zone joue un rôle essentiel dans l’attention, la prise de décision, la planification et le contrôle des impulsions.

Autrement dit, à 15, 18 ou même 22 ans, le cerveau n’a pas encore terminé son développement. Et il évolue dans un environnement numérique particulièrement stimulant : notifications, vidéos courtes, réseaux sociaux, jeux, messages instantanés…

Combien de temps devant les écrans ?

Les recommandations de santé publique parlent d’environ 2 heures d’écran par jour tous usages confondus comme repère pour les adolescents et jeunes adultes. Dans la réalité, l’exposition est souvent bien supérieure, notamment avec le smartphone.

Mais attention : deux heures de cours en ligne et deux heures de scrolling ne correspondent évidemment pas au même usage. Le problème apparaît surtout lorsque le temps d’écran empiète sur les activités essentielles : sommeil, études, activité physique, relations sociales ou temps passé dans le monde réel.

Plus que le compteur, une question mérite donc d’être posée : qu’est-ce que mon écran est en train de remplacer ?

L’adolescence est une période où les circuits cérébraux liés à la récompense et aux émotions sont particulièrement actifs, alors que les mécanismes de contrôle continuent leur maturation.

Les applications exploitent justement cette recherche de gratification immédiate : un like, une notification, une nouvelle vidéo, un message ou une récompense dans un jeu.

Le danger n’est pas de ressentir du plaisir devant un écran. C’est lorsque le comportement devient automatique : ouvrir son téléphone sans raison, vérifier ses notifications toutes les quelques minutes ou scroller dès que l’ennui apparaît.

Petit à petit, le téléphone peut devenir le réflexe par défaut face au moindre moment vide.

Chez les adolescents, le sommeil est l’un des premiers domaines pouvant être perturbés par un usage excessif des écrans.

Messages tardifs, vidéos avant de dormir, réseaux sociaux ou simple envie de « regarder encore cinq minutes » peuvent repousser l’heure du coucher.

Or le sommeil joue un rôle essentiel dans la mémoire, l’apprentissage, l’attention et la régulation émotionnelle.

Une règle simple peut faire une grande différence : le téléphone ne dort pas dans la chambre. On peut utiliser un réveil classique et charger son smartphone ailleurs.

Réviser un examen, écrire un mémoire, travailler sur un dossier ou simplement lire nécessite de pouvoir maintenir son attention.

Or les sollicitations permanentes fragmentent cette attention. Une notification suffit parfois à nous faire quitter mentalement une tâche pour vérifier ce qui vient d’arriver.

À l’inverse, créer des périodes sans téléphone permet de retrouver des moments de concentration profonde.

Une seule mission. Un téléphone éloigné. Zéro notification.

Le focus n’est pas seulement une question de volonté : c’est aussi une question d’environnement.

Entre 12 et 25 ans, le smartphone devient également un espace social. Réseaux sociaux, jeux en ligne, messageries et plateformes vidéo permettent de communiquer et de découvrir le monde.

Mais cette liberté expose aussi à certains risques : cyberharcèlement, pression sociale, contenus violents ou pornographiques, contacts avec des inconnus, arnaques ou diffusion incontrôlée d’images.

Le cyberharcèlement touche notamment environ un adolescent sur six selon les données internationales de l’OMS.

L’éducation numérique doit donc apprendre à utiliser les outils, mais aussi à se protéger et protéger les autres.

À l’adolescence, l’objectif n’est plus simplement de confisquer ou de surveiller. Il faut progressivement apprendre à l’enfant à gérer lui-même son usage.

Cela passe par des règles familiales claires : préserver le sommeil, garder certains moments sans téléphone, limiter les notifications et parler régulièrement des contenus rencontrés en ligne.

Les parents restent également des modèles. Difficile de demander à son adolescent de poser son téléphone si toute la famille mange avec son smartphone à côté de l’assiette !

Le numérique fait désormais partie de la vie. L’objectif n’est donc pas de vivre sans écran, mais de ne pas laisser l’écran choisir à notre place.

Savoir pourquoi on ouvre une application. Savoir quand la fermer. Savoir poser son téléphone. Et surtout, savoir profiter d’un moment sans avoir besoin de le remplir.

Entre 12 et 25 ans, on construit son avenir… mais aussi ses habitudes.

Moins subir l’écran. Plus choisir sa vie.